Régulièrement, le secteur énergétique, identifié comme responsable d’au moins des 2/3 des émissions mondiales de gaz à effet de serre, se projette dans des scénarios qui devraient permettre d’atteindre les objectifs de limitation de ces émissions prônés par les États. Pour beaucoup, il semble que la clé du problème soit la recherche d’une offre technologique dont la combinaison vertueuse limiterait le niveau de ces émissions et , dans cette perspective, il s’agit d’intégrer le plus de technologies basées sur des ressources dites « renouvelables ».

La création de ces scénarios, qui permettent d’éclairer le futur en en donnant des représentations des possibles, repose souvent sur des outils de modélisation, au-delà de la simple juxtaposition de dires d’experts. Cependant, même si ces outils numériques présentent des avantages indéniables pour produire des images cohérentes du futur, ils ne garantissent pas un traitement du système énergétique prenant en compte ses interdépendances avec les autres secteurs significatifs pour les enjeux climatiques, tels que l’économie, la société, les ressources, les usages des sols, de l’eau, des matériaux, etc.

À la lumière de ces enjeux, nous proposons d’apporter dans ce séminaire un regard critique sur l’ensemble des questions liées à l’intégration d’énergies renouvelables en vue de décarboner le mix énergétique français d’ici la fin du siècle. À cette fin, nous proposerons d’articuler notre réflexion à travers des séances, ciblées chacune sur une expertise spécifique et les études qui lui sont associées. L’objectif de chacune de ces séances est de permettre d’apporter des éléments de compréhension quant à la plausibilité et à la faisabilité de chacun des scénarios analysés ou existants en discutant :

  • le statut des modèles sous-jacents selon qu’ils ont une prétention réaliste, heuristique ou normative, leur structure, leur statut scientifique

  • les hypothèses techniques, économiques et politiques retenues pour l’élaboration des scénarios

  • les aspects potentiellement pris en compte : opération et flexibilité des système, questions de spatialité, rythme de mise en place, aménagement du territoire, modes de vie, coûts et ingénierie de financement, questions de gouvernances et de régulation et conditions institutionnelles, externalités sur d’autres dimensions d’un « développement soutenable » (IT, matériaux)

Cette analyse nous permettra de comprendre la portée effective des propositions en termes de choix technologique pour le mix énergétique de chacune de ces études (assorti des rythmes de déploiement et remplacement des capacités de production, réseaux, équipement adéquats). L’ on s’attachera dans la discussion à systématiquement mettre en exergue celles des grandes questions qui animent le débat public en France auxquelles elles sont susceptibles de répondre.

SÉANCE #1 : introduction

PROCHAINE SÉANCE :

Au programme de la Séance #2 : La flexibilité entre vecteurs énergétiques
  • Les options de flexibilité pour une décarbonation conjointe des systèmes électrique et gaz | Edi ASSOUMOU, CMA MINES ParisTech PSL
  • Les interconnections du système européen comme flexibilité pour une France neutre en carbone | Gildas SIGGINI, CMA MINES ParisTech PSL
  • Les principaux résultats des exercices d’effacements dans les projets Investissements Avenir de l’ADEME | Nadine BERTHOMIEU, ADEME
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